Au coeur de la ville de Dole:Le marché
Les maquignons parlaient fort, empouprés par quelque rouge ou blanc.Le hénissement des chevaux, le beuglement des boeufs, le bêlement des agneaux, le couinement des porcs se mêlaient en un concert champêtre haut en coleur... et en senteurs!Cette marée humaine à laquelle se mêlaient de nombreux curieux, animait les rues de la ville, ville-marché du Nord-Jura.
Em même temps que la foire, mais aussi les autres semaines, il était un lieu également animé au coeur de la ville: le marché. Sur la place devant l'église, tréteaux couverts ou non, offraient des articles de couture et de bonneterie, des etoiles et des tissus bariolés, des articles de ménage, de la quincaillerie, toutes sortes d'oripeaux et de babioles, sortis de la caverne d'Ali-Baba...
Adultes et enfants se pressant et se bousculant étaient heureux de cette atmosphère de fête. Le chapeau melon côtoyait le canotier et la casquette; le corsage cintré à petits plis surmontant une ample jupe de fine étoffe rivalisait avec de belles robes ou dominait la robe blousante de drap rustique ornée d'un tablier. Le marché était le miroir de la société du temps, dans sa diversité.
Sous la nouvelle halle de fer et de verre la flânerie laissait place aux amplettes concrètes faites de légumes, de fromage frais, de viandes et de volailles,mais aussi de condiments aux odeurs venues d'ailleurs(olives parfumées, clous de girofle, poivre en grains...) De la foire au marché, les groupes déambulaient dans les venelles sombres, les rues étroites, gravissaient les escaliers. Lors de ces rencontres, Dole adoptait presque une tenue de fête; c'était un moment béni pour les boutiquiers de la ville, égrenés de part et d'autre des rues principales.