La balustrade du clocher

_ Vous en avez de la chance, mon bon Eugéne, de dominer ainsi notre ville.Vous êtes son suzerain et les gens d'en-bas se sentent en securité avec vous. Vous êtes l'oeil de la ville. Et ici, quelle sensation d'absolu! Pas étonant qu'Hugues Sambin ait donné tant de splendeur à ce clocher; pour lui, ce devait être une couronne pour une reine.Au-delà c'est l'Eternel.
_ Mon bon Monsieur Feuvrier, vous avez toujours des mots que vous allez chercher on ne sait où.Et si je suis l'oeil, vous vous êtes la mémoire de not'e bonne ville. Au moins avec vous les Dolois savent d'où ils viennent. En attendant vot'e visite m'fait bien plaisir.
Pourvu de sa puissante trompe, ce dernier garantissait la tranquilité de ses concitoyens, même s'il n'y avait plus de siége à annoncer ou de Prussiens menaçants!Ce sera lui portant, qui en août 14 annoncera l'orage. Parvenu à la balustrade du clocher, Julien soufflait toujours un moment: que de marches!Mais, arrivé là-haut, il était ébloui par l'intensité de la lumière qui constrastait fort avec la nuit de la viorbe ou même la pénombre des rues de la ville.Il était toujours étonné par la maîtrise de l'espace dont on jouissait depuis ce belvédère, quasi unique en Franche-Comté.
De ce formidable beffroi, notre historien aimait scruter la ville et ses faubourgs. Quelques villages s'égrenaient au loin comme Authume, puis Jouhe près de la Serre, Brevans et coronnant sa coline, se dressait Notre-Dame de Mont-Roland.
Livre:"Dole Autrefois - Images retrouvées de la vie quotidienne" - Jacky Theurot